Pouvez-vous vraiment vous fier au label Agriculture Biologique ?

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L’air, l’eau, la terre… La pollution est partout, sans parler des épandages de pesticides et de champs OGM que le vent charrie à sa guise. Comment prétendre qu’une culture ou un produit puissent être certifiés et labellisés BIO dans un contexte aussi mauvais ? Lumière sur la véracité d’un label Bio.

C’est en 1983 que le terme d’Agriculture Biologique voit officiellement le jour. Le label AB français quant à lui a été créé deux ans plus tard afin de certifier les produits non traités chimiquement. Il est la propriété du ministère de l’agriculture et est promu par l’Agence bio. Les produits estampillés par ce logo étaient alors garantis sains, sans OGM etc. Depuis 2009, Europe oblige, les critères du label AB français se sont alignés sur ceux du label bio européen beaucoup moins contraignants.

Ainsi, la présence de traces accidentelles d’OGM est autorisée. Le label AB n’est donc plus valable, même si son logo continue d’être présent sur quelques produits. Raison pour laquelle il est encore possible de voir les deux logos cohabiter sur les emballages. Cela, en quelque sorte, permet au consommateur de savoir que le produit est français. Par ailleurs, certains produits conservent encore le label AB unique car la législation européenne n’a pas encore couvert le domaine en question (les lapins, escargots, alimentation pour animaux de compagnie ou encore la viande d’autruche).

 

QUI CERTIFIE LES PRODUITS ET QU’EST-CE QUE GARANTIT LE LABEL BIO ?

LA CERTIFICATION AB EUROPÉENNE GARANTIT PLUSIEURS POINTS

Il existe plusieurs organismes de certification comme Agrocert, Certipaq etc, les plus connus restant Ecocert SA et Bureau Veritas. Chaque organisme de certification s’occupe d’un produit plus particulièrement, même si certains certifient plusieurs catégories (par exemple, Cosmebio s’occupe uniquement des cosmétiques, Ecocert Equitable, uniquement des produits provenant de l’agriculture biologique étrangère permettant de faire vivre des familles d’agriculteurs aux faibles ressources etc). Un contrôle est effectué au moins une fois par an.

  • Pour les aliments transformés (gâteaux, boissons, plats préparés, cosmétiques etc), une composition d’au moins 95 % d’ingrédients issus du mode de production biologique.
  • Le respect de la réglementation en vigueur française
  • Le contrôle par un organisme agréé des pouvoirs publics français, indépendant, impartial et répondant à la norme européenne EN 45011.
  • Un mode d’élevage garanti sans alimentation chimique composée de céréales provenant de la région même.
  • Un recours limité aux traitements médicamenteux (ex : les poules pondeuses ne peuvent recevoir que trois traitements antibiotiques par an contre un seul pour les poulets à chair).
  • Un mode d’élevage garanti par un espace minimal obligatoire et un accès à l’extérieur.
  • Ce label européen permet également à un même producteur de fabriquer du bio et du non bio.

UN NOUVEAU LABEL EN ADÉQUATION AVEC L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE ?


Des pousses de maïs via Depositphotos

BEAUCOUP D’AGRICULTEURS FRANÇAIS NE SE RECONNAISSENT PAS DANS LE LABEL BIO EUROPÉEN

En 2010, naît un nouveau label : Bio cohérence afin de répondre aux normes plus logiques d’une véritable agriculture biologique. Cette nouvelle certification est soutenue par la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB), les Eleveurs bio de France, les magasins Biocoop, Biomonde et Pronatura. Leur cahier des charges est plus exigeant que celui décidé par l’Europe, revenant sur de nombreux points, à l’ancienne réglementation française.

 

DES ENGAGEMENTS PLUS STRICTS

Avec le label Bio Cohérence, la coexistence du bio/non bio est interdite. Seule la conversion vers le bio est autorisée avec l’activité bio. Ensuite, 50 % de l’alimentation pour les animaux doit être produite sur la ferme et 80 % pour les herbivores, en conservant le lien du sol disparu avec le label européen.

Une interdiction totale d’OGM même sous forme de traces permet d’être plus en adéquation avec la formulation « biologique ». Les produits transformés doivent être composés à 100 % d’ingrédients bio. Enfin, le traitement vétérinaire est ramené à 2 par an pour les poules pondeuses et un seul pour les poulets de chair. Le label Bio Cohérence est attribué aux agriculteurs après une certification par un organisme de certification indépendant comme Ecocert, Qualité France etc).

QU’EN EST-IL DU BIO DES GRANDES SURFACES ? 

Puisque le consommateur a de plus en plus tendance à acheter du bio, les grands groupes agro-alimentaires en profitent pour surfer sur la vague. Et étant donné que le label européen est beaucoup moins strict, les étals proposent de nombreux produits bio et de plus en plus issus de leur propre marque.

Ces produits répondent bien à la charge du label bio européen. Carrefour est leader dans le domaine en proposant plus de 900 produits bio dont 250 sous sa propre marque. Monoprix a été pionnier en proposant des produits bio depuis 1994. Aujourd’hui, l’enseigne propose quelques 150 références labellisées AB. Leclerc avec sa marque Bio Village affirme proposer le bio le moins cher du marché et Auchan n’entre sur le marché bio qu’en 2006.

Si tous ces produits sont certifiés bio, la philosophie du bio, quant à elle, est largement transgressée. Les petits producteurs ne peuvent rivaliser avec les prix des grandes surfaces.

AVEC LE BIO DES GRANDES SURFACES, DEUX VICTIMES SONT À DÉPLORER

Les producteurs d’une part, qui ne sont pas rémunérés à la hauteur de leurs efforts, contrairement aux circuits courts proposant des prix « équitables », au juste milieu pour le consommateur final et le producteur. Puis la planète d’autre part, car le bio proposé dans les grandes surfaces ne provient que rarement de l’hexagone. En ce sens, 50% des produits labellisés AB sont importés, occasionnant une pollution accrue. De plus, le suremballage détruit l’effort écologique du produit, il en va de même concernant les campagnes publicitaires sur supports papiers….

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En guise de conclusion, le consommateur peut donc se rassurer, un produit labellisé bio répond effectivement à des normes européennes. Elles visent à certifier un produit plus sain que son homonyme traditionnel élevé aux pesticides. Néanmoins, ce label européen est jugé trop laxiste par certains producteurs biologiques. Un consommateur souhaitant manger bio peut se tourner vers les produits de grande surface pour un meilleur prix. Néanmoins, la charte de labellisation est plus laxiste et l’éthique écologique n’existe plus. Les puristes se tourneront donc vers une certification Bio Cohérence, Demeter ou encore Nature et Progrès.

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