12 mots que vous utilisez quotidiennement qui sont en fait d’origine amérindienne

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Notre vocabulaire est un lourd héritage des civilisations passées. D’origine latine, le français a également emprunté des mots à de nombreux autres pays, à l’instar de la civilisation amérindienne. Découvrez 13 mots du quotidien hérités de cette fascinante culture.

De nombreux mots français ont été ajoutés au lexique suite à la découverte du Nouveau Monde à la fin du XVe siècle. L’Ancien Monde a dû trouver des mots pour désigner les plantes, animaux et objets nouvellement découverts. Suite au traité de Tordesillas en 1494 qui a divisé le territoire américain, les empires coloniaux portugais et espagnol ont transcrit les dénominations amérindiennes dans leur langue d’origine. Cependant, via les colonies françaises d’Amérique, certains mots sont arrivés dans le vocabulaire français sans modification, à l’instar des mots suivants.

 

L’ananas

ananas

Le mot « ananas » vient du tupi-guarani « naná ». La langue tupi-guarani est la sous-famille la plus représentée de l’ensemble des langues tupi rassemblant 70 langues parlées du Brésil au Paraguay. Venu des Antilles, plus précisément de l’île de Saint-Domingue, « naná » est la version courte de « ananá », signifiant « excellent fruit ». En 1544, il apparait pour la première fois dans le vocabulaire français sous la forme de « amanat », dans le livre Cosmographie de Jean Fonteneau. En 1555, l’explorateur français Nicolas Durand de Villegagnon utilise la forme « nana ». C’est en 1578 que Jean de Léry impose la forme définitive d’« ananas ».

La coca

Des feuilles de coca via Wikimédia by Sten Porse
Des feuilles de coca via Wikimédia by Sten Porse

Avant d’être un composé de la cocaïne, la coca est une plante d’Amérique du Sud utilisée par les populations locales, comme plante médicinale. Le français a emprunté ce mot à l’espagnol « coca », mais l’origine de ce mot est quechua. Le quechua était la langue véhiculaire de la civilisation inca, soit le dialecte plus simple qu’ils utilisaient pour communiquer avec d’autres peuples. La langue officielle était alors l’aymara avant d’être remplacée par le quechua par choix des colons espagnols. La coca est désormais appelée « mama inala » en langue quechua ce qui signifie « comme une mère ».

 

Le chocolat

chocola

L’histoire du mot « chocolat » est un vrai casse-tête pour les lexicologues. Le mot espagnol « chocolate » viendrait du nahuatl « xocolātl », qui signifie « eau amère ». Les Aztèques associaient le chocolat avec Xochiquetzal, la déesse de la fertilité, ce qui pourrait expliquer l’origine du mot. Cependant, le mot « xocolātl » n’apparaît pas au début de la langue espagnole ou dans les sources coloniales nahuatl.

Dans une étude controversée, des linguistes remarquent que dans de nombreux dialectes nahuatl, le nom est plus « chicolatl » que « xocolātl ». De nombreuses langues parlées au Mexique et même aux Philippines ont emprunté cette version du mot. Le mot actuel chicol-li fait référence à des ustensiles de cuisine. A l’origine, le chocolat était servi dans des cérémonies, avec des fouets individuels. Ainsi, les linguistes considèrent qu’il semble assez probable que la forme d’origine du mot était chicolatl, ce qui pourrait signifier « boisson battue ».

 

La patate

patate

En français, « patate » a d’abord désigné la patate douce, terme emprunté à l’espagnol patata. Ce mot espagnol est un mélange entre papa qui désignait la pomme de terre en quechua et batata, nom de la patate douce en taïno, langue arawakienne qui était parlée par les Taïnos, un peuple des Caraïbes. En 1529, le mot « patate » apparait pour la première fois en France sous la forme savante, dans Navigation & découvrement de l’Inde supérieure & îles de Malucque où naissent les clous de girofle d’Antoine Pigafetta dans lequel il relate le grand voyage de Magellan. En 1732, dans la réédition du Dictionnaire universel françois & latin d’Antoine Furetière, on trouve le mot « patate » qui désigne le topinambour mais aussi un autre tubercule, bien différencié par l’auteur : la pomme de terre.

 

Le caribou

caribou

Le mot caribou, utilisé pour décrire l’espèce par les premiers explorateurs français, tire son origine du mot algonquin « xalibu », qui veut dire « celui qui gratte le sol avec sa patte » ou « qui creuse avec une pelle ». L’algonquin est un dialecte de l’ojibwé, parlé par le peuple algonquin du Québec et de l’Ontario. Les explorateurs européens de l’Arctique n’ont jamais adopté le terme inuktitut « tuktu » pour désigner le caribou, bien qu’il ait été très répandu. Ils préféraient alors le mot anglais « reindeer », francisé en « reinder ».

 

Le puma et le cougar

puma

Ces deux mots sont historiquement liés comme le sont les deux espèces. Le mot « puma » est dérivé d’un mot quechua introduit en français par l’intermédiaire de l’espagnol en 1602. Le terme « couguar » est orthographié de diverses manières au cours du XVIIIe siècle. Au Brésil, les Amérindiens Tupi appelaient l’animal « susuarana », déformé ensuite par les Portugais en « cuguacuarana ». Le mot devint au XVIIIe siècle « couguar » sous la plume du naturaliste français Buffon. Les différents noms et expressions utilisés pour désigner le puma reflètent la diversité des langues et des cultures du continent américain.

Les civilisations précolombiennes vénéraient le puma comme un dieu ou un être surnaturel. Pour les Incas, lors des éclipses de soleil, Int, dieu du soleil, était dévoré par un monstre céleste assimilé à un puma. Les pumas étaient vus comme les représentants des dieux de la montagne. Le nom du lac Titicaca signifie le « lac des pumas de pierre ». Les plans de la ville de Cuzco au Pérou auraient été conçus en reprenant la silhouette du félin. Ainsi, les peuples amérindiens le baptisèrent de façons diverses : il était par exemple « cabcoh » pour les Mayas. Les peuples qui occupaient les rives des Grands Lacs pensaient que sa queue attisait les tempêtes et l’appelaient Erielhonan, ce qui signifie « longue queue ».

En français, il existe également de nombreux termes synonymes tels que « tigre rouge », « tigre poltron », « lion d’Amérique », «lion du Chili », « lion des Péruviens ». Il est inscrit au livre Guinness des records en tant qu’animal ayant le plus grand nombre de dénominations, plus de quarante noms différents juste pour l’anglais, probablement grâce à sa large distribution en Amérique.

 

L’anorak

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Lorsqu’on sait l’histoire de ce vêtement, l’origine de sa dénomination n’est pas une grande surprise. Le mot « anorak » vient de l’inuktitut « annuraaq » qui signifie « vêtement », lui-même dérivé du mot « anoré », « vent » en langue inuit. L’anorak est un vêtement d’origine inuit utilisé par temps froid ou pluvieux. La version féminine de l’anorak s’appelle l’amauti. Les pièces de l’amauti sont assemblées selon un patron extrêmement complexe comprenant une poche ample et confortable pour le bébé, ainsi que des épaules volumineuses permettant à la mère de faire passer l’enfant devant pour l’allaiter ou lui faire faire ses besoins sans l’exposer aux éléments.

 

Le barbecue

barbecue

C’est dans l’isthme de Panama, chez les Arawak, ainsi que chez les Tainos, que l’on retrouve des traces du mot originel “barbakoa” dès 1518 désignant un support en bois servant à rôtir ou fumer la viande. On le trouve ensuite en 1697 dans A new Voyage round the World de William Dampier au sens de « cadre de bois latté servant de sommier » sous la forme barbecu, borbecu. Ensuite le mot anglais a muté en « dispositif sur lequel on fait rôtir les viandes en plein air » en 1699 ; puis a désigné la « viande rôtie à ce dispositif » au début du XVIIIe siècle. Le terme apparait finalement dans la langue française dans les années 1950, par emprunt de l’anglais américain « barbecue ».

Le mocassin

mocassin

A l’instar de l’anorak, l’histoire du mot « mocassin » n’est pas une grande surprise quand on sait l’origine de ces chaussures. Ce mot est dérivé du powhatan « mockasins ». Le mot arrive en France au début du XVIIe siècle sous la forme « mekezen » de l’algonquin, dialecte canadien, grâce aux colonies françaises au Québec. A cette époque, le terme reste peu utilisé mais revient à la mode au cours du XIXe siècle grâce à l’anglais moccasin. Le mocassin serait la plus vieille chaussure au monde. Le plus vieux mocassin, première chaussure connue trouvée à ce jour, âgé de 5500 ans, a été trouvé dans une caverne de la région de Vayots Dzor, en Arménie. Fait de peau tannée à la manière amérindienne, il y aurait autant de styles de mocassins qu’il y a de peuples nord-amérindiens qui en fabriquaient.

 

Le Canada

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Comme tout territoire, le nom du pays nord-américain est lié à son histoire. Vers 1535, le nom « Canada » apparait tirant ses origines du mot laurentien Kanata qui signifie « village », « implantation », ou « terre ». Le laurentien était une langue parlée au XVIe siècle par les habitants de Stadaconé, actuelle ville de Québec, et des régions environnantes. Cette langue partageait de nombreuses similitudes avec d’autres dialectes iroquois, comme l’oneida et le mohawk. Par exemple, le mot « kanáta’ » signifie « ville » en mohawk d’aujourd’hui. L’explorateur Jacques Cartier transcrit le mot laurentien par « Canada » et fut le premier à utiliser le mot pour se référer au village de Stadaconé, aux régions environnantes et au fleuve Saint-Laurent, qu’il nomma rivière de Canada. À partir de 1545, les livres et les cartes européens commencèrent à désigner cette région comme le Canada.

 

Le toboggan

Tobogganing

L’origine du mot « toboggan » est profondément lié à l’histoire des colonies françaises en Amérique. Ce mot provient du français de l’Acadie « tabaganne », lui-même emprunté au mot des langues algonquiennes « otaban » signifiant « traîne », du micmac « tepaqan » et de l’abénaquis de l’Ouest « udãbãgan ». Il désignait alors un « traîneau » ou une « grande luge glissant sur une piste ». Les Européens ont ensuite emprunté le terme « toboggan » de l’anglais, lui-même issu du français canadien. D’origine amérindienne, la « traîne » est passée dans la culture de la Nouvelle-France suite aux fréquents contacts entre les deux cultures. Ces traîneaux étaient utilisés par les autochtones pour transporter de l’équipement et autres biens variés sur la neige. Ils étaient habituellement faits de bois recourbé à la vapeur. Cet objet fait pour faire glisser les matériaux a, ensuite, donné son nom au jeu d’enfant.

 

La savane

via Flickr by Arnaud Boudou
via Flickr by Arnaud Boudou

En 1529, le terme français « savane » est emprunté à l’espagnol « çavana » mais ce terme est lui-même pris au taïno « zavana » ou « zabana ». Il aurait été employé pour la première fois par Gonzalo Fernández de Oviedo dans Historia General y natural de las Indias pour décrire les llanos vénézuéliens ainsi : « Les savanes sont les plaines de l’Amérique du Sud septentrionale et des Antilles couvertes d’herbes plus ou moins xérophiles et de buissons avec quelques arbres ou arbustes. » L’appellation a par la suite été étendue à la végétation d’Afrique tropicale qui comporte de nombreuses similitudes avec celle de l’Amérique centrale.

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