Dublin, cent ans après l’insurrection de Pâques

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C’est sur O’Connell Street que débuta, en 1916, le soulèvement qui mena l’Irlande vers l’indépendance. Le photographe dublinois Eamonn Doyle immortalise aujourd’hui cette artère – presque – comme les autres.


Un peu après midi, le lundi de Pâques du 24 avril 1916, Pádraig MacPiarais, un des leaders de l’insurrection, accompagné d’un garde, s’est installé entre les colonnes de la poste centrale de Dublin, sur O’Connell Street, pour lire la déclaration d’indépendance de la République d’Irlande. Le soulèvement de Pâques venait de débuter, et l’histoire de l’Irlande allait s’en trouver bouleversée.

Voilà plus d’un siècle que l’île était sous le contrôle du Royaume-Uni et n’avait plus de Parlement. Malgré les tentatives de Londres d’offrir plus d’autonomie à l’Irlande, le mouvement indépendantiste progressait. En ce week-end pascal, en pleine première guerre mondiale, alors que les Anglais étaient englués dans les tranchées, un millier d’indépendantistes s’emparaient de bâtiments-clés de Dublin, prenant par surprise les 400 soldats britanniques présents sur place. La répression fut terrible. Quatre jours plus tard, près de 20 000 soldats furent rassemblés. Les affrontements firent 450 morts. La plupart des leaders de la rébellion furent exécutés après un expéditif procès en cour martiale. Le mouvement était pourtant impossible à arrêter.

Ni message politique, ni critique sociale

En janvier 1922, l’indépendance officielle du sud de l’île fut accordée, tandis que le nord restait aux mains du Royaume-Uni. Cette année, les Irlandais commémorent le centenaire de l’insurrection de Pâques, considéré comme l’événement fondateur de leur République, dans une unanimité politique complète. Le photographe Eamonn Doyle habite à quelques mètres d’O’Connell Street. Cette artère du centre de Dublin ressemble à beaucoup d’avenues de grandes villes du monde : un alignement de cinémas, de magasins pour touristes et de boutiques de vêtements. Sous les arches de la Poste centrale, aujourd’hui fermée, une soupe populaire est organisée quatre fois par semaine, accueillant les sans-abri.

Eamonn Doyle concentre l’essentiel de son travail photographique sur cette rue et ses passants. Dès qu’un rayon de soleil apparaît, il va y faire un tour. Toutes les photos publiées dans ce portfolio ont été prises dans les environs immédiats. Mais le photographe réfute l’idée de porter un message politique, ou même une critique sociale. A 47 ans, cet Irlandais, qui fut musicien deux décennies durant avant de se tourner vers la photographie, marche à l’instinct. Il ne parle presque jamais aux personnes qu’il immortalise avec son Leica, aime les prendre de dos (« je suis fondamentalement timide ») et préfère ne pas théoriser sur son travail. Il cite seulement l’influence de l’auteur irlandais Samuel Beckett, et un certain goût pour sa vision tragi-comique de l’absurdité de la vie.


End., d’Eamonn Doyle avec Niall Sweeney et David Donohoe. Editions D1. Tirage limité à 1 000 exemplaires. A paraître le 12 mai.
« End », exposition d’Eamonn Doyle, galerie Michael Hoppen, 3 Jubilee Place, Londres. Du 13 mai au 15 juillet. www.michaelhoppengallery.com

Rencontres d’Arles, Espace Van Gogh, du 4 juillet au 25 septembre.

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