Vêtements-pièges pour situations à risques — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

En terme de mode, je ne me mets jamais tellement la pression. J’ai longtemps regretté d’avoir peu de style, selon mon propre jugement, mais j’ai fini par m’y faire.

Oui, je passe le plus clair de mon temps en jean, non, je ne porte pas très bien le fluo et non, je ne sais pas mélanger les imprimés avec goût (j’en mets un seul à la fois sinon j’me fais tourner la tête — comme si je passais devant un Lush, mais en pire).

Je suis donc toujours affublée d’un uniforme de type jegging ou jean slim, boots à lacets compensées, haut un peu lose et balestek.

penelope csi

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Moi, dans une autre vie, ptet’.

Malgré cette logistique bien rodée, je ne suis pas exempte d’échecs.

Je pense notamment à deux exemples de bon gros fails des familles qui se sont déroulés y a pas si longtemps (preuve qu’à vingt-six ans, je ne suis pas encore totalement finie et j’ai encore des choses à apprendre. C’est rassurant).

L’absence de style ne fait pas l’absence de seum

Mon premier fail, c’est la fois où je suis allée à un entretien professionnel un jour de septembre, portant un crop top tout simple avec un jean dans lequel j’étais à l’aise ainsi qu’un blazer. Je me trouvais stylée, je me reconnaissais dans ma tenue très simple mais qui me plaisait bien.

Je me sentais confiante et à l’aise, jusqu’au moment où, une fois les présentations faites, j’ai retiré ma veste et réalisé que je sentais DE OUF la transpiration.

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À lire aussi : Quatre façons d’adopter le top « Crop » cet été

Bien choisir les matières des fringues qu’on met avant les entretiens d’embauche, donc, me paraît être un de ces précieux enseignements que seule la vie sait nous apporter.

Pas que j’avais oublié de mettre du déo ou plus fort encore, de me laver. C’est juste que ce t-shirt, pour une raison que j’ignorais, me faisait suer et sentir en masse. J’ai donc passé le reste de l’entretien avec le regard subitement beaucoup moins conquérant, les bras collés à mon corps pour éviter qu’à chaque mouvement, je ne provoque des malaises autour de moi.

Bien choisir les matières des fringues qu’on met avant les entretiens d’embauche, donc, me paraît être un de ces précieux enseignements que seule la vie sait nous apporter.

  • Leçon 1 : Bien choisir la matière de la fringue que je vais porter, surtout quand je transpire à cause du stress.

L’autre échec cuisant en matière de choix d’outfit, c’est la fois où j’ai mis un chemisier. C’était un super choix, parce que je devais avoir l’air de quelqu’un de sérieux et de professionnel. Là où c’était une moins bonne décision, c’est que ce chemisier était, comment dire… très décolleté.

Très, très décolleté.

Je porte régulièrement des trucs décolletés, et je trouve toujours ça très joli sur tout le monde, là n’est pas la question. En plus, les décolletés, quand on n’a pas envie de montrer son téton, ça demande juste un tout petit peu de concentration. Rien qu’un tout petit peu.

À lire aussi : Laissez mes tétons tranquilles

J’étais tellement soulagée que j’ai baissé ma garde sur tout le reste. Et par tout le reste, j’entends surtout la gestion de mon décolleté.

Le truc que je n’avais pas prévu, c’est que ce jour-là, j’allais cruellement manquer de concentration : j’étais à la bourre parce que je me suis perdue pour trouver le lieu de rendez-vous alors que j’étais partie bien en avance, et je n’avais pas envie de faire mauvaise impression.

Faire bonne impression en arrivant en retard, ça peut marcher dans certains contextes, mais j’avais pas tellement envie de tenter le coup. Je ne voulais simplement pas être en retard, et je l’étais, alors une fois que j’ai trouvé l’endroit où je devais me rendre, j’étais tellement soulagée que j’ai baissé ma garde sur tout le reste.

Et par « tout le reste », j’entends surtout la gestion de mon décolleté.

amy adams american hustle

amy adams american hustle

Amy Adams, merveilleuse en Josie Métrizdeusatenu.

Ce n’est qu’après avoir fait la bise à tout le monde que j’ai baissé les yeux vers mon torse pour constater que ma chemise était complètement ouverte sur l’un de mes seins. Ce qui aurait pu ne pas TROP me poser de problème, puisque j’avais un soutien-gorge. C’était sans compter sur une prise de masse de la poitrine qui rendait la plupart de mes sous-vêtements trop petits.

À lire aussi : Ton corps change, ce n’est pas sale — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

Résultat ? Je n’ai rien trouvé de mieux à faire que de montrer la moitié d’un téton. À TOUT LE MONDE. Bon. Un peu de vigilance ou un débardeur glissé sous la chemise n’auraient pas été de trop.

  • Leçon 2 : Toujours faire quelques mouvements de base devant une glace pour voir si tu vas faire valdinguer un sein ou deux malgré toi.

Ça m’a fait penser à toutes les situations où, en tant qu’être humaine maladroite de mon état, j’aurais dû ou je devrais faire attention.

Les pièges à éviter

Je suis pas du genre à penser qu’on devrait toujours être nickel, tiré•e à quatre épingles sans jamais rien qui dépasse, en se concentrant pendant quatre heures pour être sûr•e de ne pas faire d’impair. J’aspire à une vie un peu plus spontanée et détendue du slip.

Mais c’est pas parce que je veux pas me mettre du jour au lendemain à réfléchir à tout que je peux pas être un tout petit peu plus vigilante sur quelques détails que je ne laisserai plus passer (sauf les fois où j’oublierai de les vérifier).

  • Privilégier l’entrejambe safe

Un jean ou un jegging qui commence à avoir un petit trou à l’entrejambe peut continuer à être porté selon mon expertise.

Il faut penser à ne pas écarter trop fort, trop brusquement et trop souvent les jambes, que ce soit pour les jeans ou les vêtements de sport — je tremble d’angoisse à chacun de mes squats.

Il faut juste penser à ne pas écarter trop fort, trop brusquement et trop souvent les jambes, et éventuellement à glisser un autre pantalon dans son sac au cas où celui qu’on porte céderait (je t’ai raconté la fois où, y a quelques années, mon jean préféré s’est complètement déchiré au niveau du cul parce que j’avais fait un geste trop vif alors que j’étais en train de me faire larguer ? Bah si je t’ai jamais raconté, voilà toute la pathétique histoire. Clairement pas mon souvenir préféré).

À lire aussi : Les premières heures post-rupture : guide de survie

Cette attention à porter au bas s’applique également aux vêtements de sport (je tremble d’angoisse à chacun de mes squats).

bob

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  • Ne pas trop prendre ses aises en extérieur

Avant un événement stressant (type oral d’examen, rendez-vous professionnel, visite d’appartement), je tâcherai de revêtir des vêtements dans lesquels je suis à l’aise, mais pas trop à l’aise non plus.

En fait, des vêtements qui me feraient oublier que je suis à un endroit qui m’angoisse me mettraient peut-être à l’aise au point que je roterais l’alphabet comme j’en ai l’habitude quand je suis détendue (c’est faux. Je sais pas faire). Donc pas de grenouillère ou de pantalon lose au point que ma raie devienne apparente en trente-cinq secondes de marche.

  • Pipi ou body, il faut choisir

Les bodys et les combinaisons, c’est joli, c’est vrai. C’est même très joli et je n’ai presque jamais regretté d’avoir choisi d’en acheter (sauf quand je coince un poil ou deux dans le bouton pression de mon body).

Pour autant, je sais que plus jamais je ne choisirai d’en mettre un avant de partir boire l’apéro sur les quais ou dans un parc. Car qui dit apéro dit consommation de boissons liquides. Qui dit consommation de boissons liquides dit envie d’uriner. Qui dit envie d’uriner dans un lieu aussi public avec peu voire pas de toilettes dit grosse galère.

Tu remarqueras probablement qu’il est forcément plus compliqué de se soulager avec une combinaison ou un body qu’avec toute autre tenue.

À ce moment-là, tu as plusieurs choix possibles : l’option pisse-debout, l’option urine accroupie entre deux voitures ou l’option toilettes publiques qui se ferment cinq minutes entre chaque passage pour se «««« nettoyer »»»» (est-ce que toi aussi, tu penses qu’il s’agit d’un stratagème fourbe pour rallonger le supplice des gens qui attendent de se soulager ?).

Parce que moi j’crois ça. Ça m’étonnerait pas qu’on soit filmé•es à notre insu, d’ailleurs.

Dans tous les cas, tu remarqueras probablement qu’il est plus compliqué de se soulager avec un body qu’avec n’importe quelle autre tenue (sauf avec une salopette, mais ça me met autant en valeur que l’obscurité la plus totale alors ça ne représente pas une grosse perte pour moi).

Ça demande plus de mouvements et davantage d’efforts. Fournir des efforts supplémentaires alors qu’on ne rêve que d’uriner ? C’est non. Pour moi, c’est non, définitivement non.

À lire aussi : Typologie des pipis

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Dieu que la vie est dure quand on est une petite patate. À toi maintenant : c’est quoi, tes impératifs vestimentaires anti-pièges et anti-angoisses ?

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Génération Mad #47 — Ton premier roulage de pelle

Revoyez les quarante-six premiers épisodes en attendant le prochain : dimanche 21 août 2016 à 18h !

Chaque dimanche à 18h, vous pourrez retrouver une nouvelle vidéo, avec les réponses des madmoiZelles à une question donnée. Rendez-vous dimanche prochain !

On souhaite que Génération Mad soit participatif ! N’hésitez pas à participer et à répondre à la question de votre point de vue dans les commentaires de cette vidéo !

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Pourquoi je n’arrive pas à arrêter de boire — Carnets de sobriété #2

Je n’ai pas peur de l’échec, mais je déteste ça. Aussi, quand j’ai constaté que mes diverses tentatives d’arrêter l’alcool se soldaient par de cuisants échecs en moins d’une semaine, j’en ai conclu que je n’y mettais simplement pas assez de volonté.

C’était plus facile et beaucoup plus rassurant que d’analyser les raisons pour lesquelles la sobriété s’avérait être un objectif bien plus difficile à atteindre qu’initialement estimé.

À lire aussi : Suis-je alcoolique ? — Carnets de sobriété #1

La pression sociale

Ma principale intuition était correcte : puisque ma consommation d’alcool était essentiellement sociale, le principal obstacle à ma sobriété était la pression sociale.

À lire aussi : Je n’aime pas l’alcool… et c’est mon affaire !

Mais puisque je ne me considère pas comme une personne influençable, j’ai mis longtemps à admettre que si, je me laissais totalement entraîner par le groupe, et que je pliais très facilement devant la peur (réelle ou fantasmée) du jugement des autres.

Il aurait fallu que je dise ouvertement à ma bonne compagnie : je ne bois pas. Il y aurait sans doute eu des questions, peut-être même un froid jeté sur la tablée, je ne sais pas, puisque je n’ai jamais eu le courage de tous les affronter pour leur dire : je veux arrêter de boire. Et je vais commencer ce soir, en fait. Donc ce sera neuf pintes, et un Perrier rondelle pour moi, s’il vous plaît.

J’aurais dû assumer mon choix, mon envie, mon objectif. Sans ça, j’avais aucune chance.

À lire aussi : J’assume… de ne pas tout assumer — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

Au lieu de ça, je tournais autour du pot « hmm, y a quoi, je peux voir la carte ? » et le serveur parisien d’énumérer rapidement et à la limite de l’agacement la liste des bières pression et des cocktails maison. J’attrape un « sinon y a les softs » au passage, et j’ose même plus demander « lesquels » que mes ami•es ont déjà passé commande.

Et je ne vais pas prendre un Coca, je ne bois pas de gazeux ni de sucré.

Et ben Clémence, t’es malade ? Haha, non non, je suis juste un peu fatiguée, et j’ai une grosse journée demain… Ah toi aussi… Allez oui, bon mais juste un demi, alors !

Sauf que je ne me suis jamais arrêtée à « juste un demi ». Et je le sais.

L’illusion du coût

En happy hour, dans ce bar, c’est 3,30€ la pinte… et 3,50€ le Perrier !

Ma deuxième « excuse » m’est apparue quand j’ai commencé à examiner mes options « sans alcool » dans les terrasses parisiennes. Non mais vous avez vu les prix ? En happy hour, dans ce bar, c’est 3,30€ la pinte… et 3,50€ le Perrier ! Les softs sont à 4€ et plus, les cocktails sans alcool sont à quelques euros de moins que leurs alter-ego… 5€ le citron-pressé, pour 5cl de jus et une carafe d’eau… Bordel Paris, je veux bien faire des efforts, mais aide-moi un peu, aussi.

À côté de ça, des crus dont je connais bien les cépages me font de l’oeil à 4€ le verre. Juste un verre, qui me durera une bonne heure, si je le déguste lentement (tandis que le citron pressé, je vais le descendre en dix minutes, c’est sûr).

Et le demi, parlons-en ! Quand la pinte n’est pas quasiment donnée en happy hour, il y a toujours la petite soeur, parfois même à moins de 3€ ! Pour 25cl de boisson fraîche et doucement amère…

La différence de prix n’est pas folle entre un verre de Chardonnay et un citron pressé, ni entre le demi et le Perrier, mais en termes de qualité, y a pas photo. En soi, 3,50€, c’est pas cher. Mais 3,50€ pour un verre de Perrier et une rondelle de citron quand la bouteille est à moins de 2€ ! Ne me prends pas pour une dinde, Paris. (Mais c’est pareil en province, cela dit…)

Quitte à débourser 4€ pour papoter en terrasse avec une copine, je préfèrerais que ce soit en savourant un bon rouge plutôt qu’en buvant de l’eau gazeuse à la paille. Pour le même prix, c’est vraiment pas la même qualité.

Sauf que j’ai jamais arrêté une addition à un seul verre. Et je le sais.

La désinhibition, ou le coeur de l’addiction

Au fond, j’avais pas tout à fait tort, avec mon diagnostique de manque de volonté. Les deux premières excuses auraient pu sauter assez facilement, si j’y avais mis du coeur. Mais en creusant suffisamment mon année entière d’échecs, j’ai fini par déterrer une troisième raison, et finalement toucher au coeur du problème.

J’ai jamais abusé de l’alcool jusqu’à perdre la mémoire, mais j’aime la sensation que me procure le deux ou troisième verre.

L’alcool désinhibe, et j’aime cette sensation. Il y a belle lurette que je ne bois plus au point de me rendre malade, et mes quelques cuites mémorables ont souvent été des accidents.

J’ai jamais abusé de l’alcool jusqu’à perdre la mémoire, mais j’aime la sensation que me procure le deux ou troisième verre, quand mon esprit ralentit, que mes mots se mélangent, et quand tout me fait rire encore plus vite et encore plus fort que d’habitude.

J’ai pratiquement écrit tout un roman sous l’influence de l’alcool : j’adore écrire dans les bars. J’adore l’atmosphère des pubs, et je ne vais pas dans un pub pour boire un thé vert, surtout quand il y a une ambrée à la pression.

J’aime l’état de détente profond dans lequel l’alcool m’emporte, malgré le prix à payer le lendemain. Mais comme je n’abuse pas, j’ai la sensation de toujours sortir gagnante de ce dilemme. Boire un à trois verres les soirs où je sors ne m’a jamais empêchée d’être fraîche et productive le lendemain.

Tout juste à sauter ma séance de sport matinale si on est plus proche du trois que du un, mais c’est un moindre mal… J’irais le soir, sauf si je sors encore, et que je me remets à boire…

Finalement, j’avais ma réponse. Je ne suis pas alcoolique, je ne suis pas accroc à l’alcool… Mais j’aime trop la sensation qu’il me procure pour pouvoir m’en passer. Cette addiction ne m’empêche pas d’avoir une vie normale et n’a pas d’incidence sur mon travail, donc ce n’est pas une maladie… Mais c’est bien une addiction, vu que je ne veux pas — ne peux pas ? m’en passer.

Quand j’ai compris ça, je suis allée chercher l’aide d’une psy. Si j’ai une addiction, c’est que j’ai peut-être quelque chose à compenser, à « soigner », que je cache derrière ce besoin de désinhibition forcée.

Une année entière d’échecs, c’était finalement assez pour que je réalise une chose : si je n’arrivais pas à arrêter de boire toute seule, c’est que j’avais peut-être besoin d’aide.

Rendez-vous la semaine prochaine pour suivre la suite des Carnets de Sobriété de Clémence.

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IKEA se moque gentiment de nous dans sa nouvelle pub absurde

Avant de dire quoi que ce soit, j’ai envie de vous dire de lancer la vidéo et de la regarder jusqu’au bout, parce que sinon je vous spoile la fin et c’est nul.

Ça y est ? Bon, maintenant on peut en parler alors. Est-ce que vous vous sentez un petit peu gêné•es ? Pour ma part, ça a fait naître un sourire coupable sur mon visage.

Ils sont pas méchants chez IKEA, ni technophobes : ils ont juste voulu mettre en avant l’absurdité de la dimension que prend parfois notre addiction aux likes, et le fait que dans une cuisine IKEA… on se relaxe, et on mange avant tout.

Et puis, quoi de mieux que de faire un parallèle avec la Renaissance, où il aurait fallu peindre le tableau du repas qu’on s’apprête à entamer puis envoyer des coursiers aux quatre coins du monde pour recueillir les pouces levés ou baissés d’un maximum de personnes ?

Un peu d’ironie pour nous rappeler qu’avant tout, ce n’est que de la nourriture. Faudrait pas la laisser refroidir ! Pas sûr que ça nous empêche de chercher le meilleur filtre pour mettre en valeur les cookies qui sortent juste du four, mais eh, ça fait du bien de dédramatiser, non ?

À lire aussi : Typologie des visites à IKEA, de l’amour à la haine

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CinémadZ Strasbourg — « Titanic » le 5 septembre à 20h !

Septembre : le sable au fond du sac, les valises à défaire… bref, un sacré changement d’ambiance. Allez, grâce à madmoiZelle, on révise ses classiques avec Titanic en CinémadZ !

« Southampton, 10 avril 1912. Le paquebot le plus grand et le plus moderne du monde, réputé pour son insubmersibilité, le Titanic, appareille pour son premier voyage. Quatre jours plus tard, il heurte un iceberg. À son bord, un artiste pauvre et une jeune femme issue de la bourgeoisie tombent amoureux. »

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« Vivre Avec » te présente 12 vidéastEs diversifiées et talentueuses !

La légende dit qu’il n’y a que peu de femmes youtubeuses. La réalité, c’est surtout qu’elles restent bien souvent inconnues du grand public. Margot, de la chaîne Vivre Aveca décidé de réagir en conséquence en faisant une vidéo pour promouvoir les chaînes qui lui plaisent.

La douce voix de la youtubeuse nous fait découvrir des vidéastes qui traitent de sujets aussi diversifiés que l’art, l’autisme ou la lutte LGBT+.

Bonne surprise : je suis très fan de tout ce qui se passe sur YouTube et je n’en connaissais pourtant pas la moitié.

Il y a quelques semaines déjà, Solange de SolangeTeParle présentait elle aussi des youtubeuses françaises et internationales qu’elle aime regarder. Depuis, je suis de nombreuses femmes supplémentaires sur la plateforme. On n’a jamais trop d’abonnements. JAMAIS.

N’oublions pas Les Internettes

Connaissez-vous Les Internettes ? Il s’agit d’un collectif mettant en lumière les filles qui font des vidéos. C’est plutôt chouette parce qu’il y en a bien plus qu’une dizaine ! Alors pour les soutenir, suivez-les sur Twitter et sur Facebook.

Oui, il y a plein de meufs sur YouTube. Et en plus de ça, elles sont bourrées de talent.

Et vous, quelles sont vos youtubeuses préférées ?

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« Hé mademoiselle », un génial film d’animation sur le harcèlement de rue par des étudiants de l’ESMA (màj)

Publié initialement le 28 mars 2016

Mise à jour du 2 août 2016 — Le film vient de fêter il y a quelques semaines le cap du million de vues, c’est l’occasion de le remettre en lumière si vous l’avez raté (et je sais que quelques-unes d’entre vous l’ont loupé, puisque même au sein de la rédac, il y en a (j’ai les noms)).

Mise à jour du 2 avril 2016 — Moins d’une semaine après qu’on ait déniché ce film dans nos colonnes et alors qu’il cumulait 9 000 vues sur Youtube, « Hé mademoiselle » a fait le tour des médias français et totalise plus de 250 000 vues. Bravo à toute l’équipe ! (sans doute un nouveau coup de la secte des féministes, ce succès)

Mise à jour du 28 mars à 13h43 — Retrouvez en bas de l’article une interview de Léa, lectrice de mad et co-réalisatrice du film !

Le 28 mars à 10h23 — Décidément, le documentaire de Sofia Peeters en 2012 aura fait prendre conscience du harcèlement de rue et fait de ce problème sociétal un phénomène de société. Le harcèlement de rue est devenu un tel sujet qu’on ne compte plus les textes, témoignages et œuvres qui traitent du problème, et c’est tant mieux, en parler permet d’en prendre conscience.

Harcèlement de rue sur fond de comédie musicale

Voici le dernier en date : « Hé mademoiselle » est un film d’animation créé par plusieurs étudiants de l’ESMA (Ecole Supérieure des Métiers Artistiques). À la réalisation : Claire Bataille, Victor Dulon, Pierre Herzig, Gaël Lang, Léa Parker. C’est drôle, intelligent, beau et très bien fichu. Bravo à eux !!!

(Et pour ceux qui se demandent encore comment faire des compliments aux jeunes femmes dans la rue, voici un article qui pourrait vous aider.)

Mise à jour du 28 mars à 13h43 — Léa, l’une des réalisatrices de l’équipe, est une lectrice de madmoiZelle ! Elle m’a confiée que cet article leur faisait vraiment plaisir, avec énormément de critiques reçues depuis la diffusion du film sur Youtube. Ah bon, des critiques, mais pourquoi ?

[Les critiques] Elles sont acerbes et douloureuses. Il suffit pour s’en convaincre de lire certains commentaires sur Youtube, qui sont très agressifs, parfois même envers nous : « j’espère que ces étudiants n’ont pas eu leur année, leur propos est lamentable » (mon préféré). En fait, le souci vient du fait que beaucoup d’hommes se sentent attaqués directement et tapent du poing sur la table en hurlant que tous les hommes n’agissent pas ainsi.
Ce qui est clairement vrai : nous n’avons jamais voulu passer de propos discriminatoires envers la gent masculine, mais simplement faire prendre conscience que le harcèlement de rue n’a ni âge, ni origine sociale, ni tenue vestimentaire; qu’il revêt autant de visages qu’il a d’expressions. Comme de nombreux féministes, nous essuyons les accusations de ceux qui nous traitent « d’anti-hommes », de « féministes enragées », et j’en passe.

Pourquoi avoir choisi le harcèlement de rue comme sujet ? Léa m’a répondu :

Ce qui nous a décidé à prendre ce sujet, c’est que nous sommes plusieurs à avoir le harcèlement de rue pour préoccupation majeure, et à détester les injustices. Personnellement, j’ai fait mes études dans l’animation dans le but, notamment, de pouvoir véhiculer des messages et des convictions qui me sont chères. (NDFab : <3)
Puis, l’occasion s’est présentée de réaliser un court-métrage étudiant, et nous avons choisi de traiter ce sujet qui nous tenait à cœur.

Mais c’est tellement une bonne idée d’avoir traité ça sous forme de comédie musicale, ça vous est venu d’où ? (et est-ce que par hasard, vous ne seriez pas fans de West Side Story ?… hummm ?)

La comédie musicale est une folle idée qui a émergé un beau jour et nous avons pensé que ce serait un moyen original et réjouissant de traiter un thème lourd et important, qui ne prête pas à rire. Le contraste entre les deux univers nous plaisait, et les possibilités apportées par les codes de la comédie musicale nous permettaient une gamme infinie de possibilités. Et en effet, West Side Story a été l’une de nos précieuses références !

J’ai envie de lui dire, ainsi qu’à toute l’équipe :

you-go-girl

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Et enfin, si vous souhaitez suivre l’aventure du film sur Facebook, vous pouvez aimer la page qui lui est dédié.

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Quinze mauvaises raisons de ne pas être féministe

Publié initialement le 23 juillet 2011

Parce que parfois, on a l’impression que tous les prétextes sont bons… voici 15 raisons qu’on entend souvent quand quelqu’un clame ne pas être féministe.

« Je ne suis pas d’accord avec les féministes »

Sauf si tu es contre les droits des femmes, ça va être compliqué de ne pas être d’accord avec les féministes, tout simplement parce que leurs positions sont incroyablement variées. Si tu penses que les hommes viennent de Mars, tu es féministe essentialiste (tu crois qu’il y a une « essence »masculine ou féminine). Si tu penses qu’on est humains avant tout, tu es anti-essentialiste. Si tu crois qu’on apprend surtout à se comporter comme une femme, tu es constructionniste.

À lire aussi : L’appel d’Emma Watson aux « féministes introvertis » : l’égalité se fera grâce à vous

Et la liste ne s’arrête vraiment pas là (mais les pages Wikipédia te donneront un schéma complet). Certain•es féministes sont pour le porno ou la prostitution, d’autres sont contre ; certain•es soutiennent les femmes qui retournent au foyer, d’autres encouragent les super carrières pro — la plupart sont pour tous les modes de vie, pourvu qu’ils résultent d’un choix éclairé…

« Ne pas être d’accord avec les féministes, ça ne veut tout simplement rien dire. En France, rien qu’entre Elisabeth Badinter et Clémentine Autain, c’est le grand écart ! La seule chose qui soude les féministes, c’est l’envie de conserver et de faire progresser les droits des femmes. Dur d’être contre. »

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« Je n’aime pas les mots en -isme »

Les mots en -isme sont souvent des concepts. Les concepts sont ce qu’on utilise pour créer du sens et des discours intelligents. Si tu n’aimes pas les mots en -isme (érotisme ?), alors ton problème n’est pas avec le féminisme mais avec la paresse intellectuelle.

Je dis ça, je dis rien.

À lire aussi : Comment le féminisme a changé mon rapport à la pop culture

« Les féministes s’occupent des mauvais combats »

Les anti-féministes citent souvent les Chiennes de Garde comme exemple du féminisme français. Sauf que les Chiennes de Garde sont médiatiques… parce que leur sphère d’action, c’est justement les médias !

En dehors de cette boucle de l’enfer (les féministes parlent des médias donc les médias réagissent en parlant de ces féministes), les associations s’attaquent au viol, aux violences, aux banlieues, à l’égalité salariale, à la liberté d’avorter, etc.

À lire aussi : Mon viol, et le policier qui a tout aggravé

Les grands sujets ne sont pas oubliés, c’est juste que les médias n’en parlent pas ou seulement le 8 mars. Ensuite, mauvais combat, ça reste à définir. Symboliquement, la féminisation des titres serait une avancée énorme.

C’est sûr que ça ne donne pas à bouffer tout de suite à la fin du mois, mais ça aiderait peut-être les petites filles à s’imaginer chirurgiennes plutôt que sage-femmes… Quand on hiérarchise les luttes, on n’est pas en train d’agir.

« Les féministes répètent toujours la même chose »

Bah elles seraient ravies d’arrêter, mais comme la situation ne change pas… les discours non plus.

CQFD, j’ai envie de dire.

« Je veux rester à la maison, faire des enfants et avoir un homme qui gagne l’argent du foyer »

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Formidable. Rien de tout ça ne t’empêche d’être féministe et de vouloir une meilleure vie pour les femmes en général, de même que personne ne te met un pistolet sur la tempe pour utiliser tous tes droits (je ne me sens pas obligée par contrat d’avorter). En plus, même avec un style de vie rétro, tu as sans doute envie qu’il soit illégal qu’on te tape dessus.

À lire aussi : « Chez soi », une réflexion passionnante signée Mona Chollet sur la maison, les femmes et le travail domestique

« Je trouve qu’on est déjà trop loin dans l’égalité »

Non, sérieusement ? Les écarts de salaire, les violences, l’éducation sexiste, la représentation politique, le plafond de verre, ça ne te parle pas ?

À lire aussi : Ce monde sexiste m’épuise

Bon, tant pis. De toute façon, on ne peut pas aller trop loin dans l’égalité. On ne peut pas être un peu égal, à moitié égal, ou trop égal : soit on l’est, soit pas (et pour l’instant on n’y est pas).

À noter que souvent, les opposant•es du féminisme se plaignent de cette histoire d’égalité, qui nous condamnerait à être « tous pareil ». Sauf que…

  1. Égalité n’est pas identité (on peut être à égalité sans être identiques, sinon le premier article de la Constitution nous obligerait à nous cloner)
  2. Il y a un féminisme qui défend ça : le féminisme essentialiste… qui se trouve être plutôt bien représenté en France !

« Les féministes ne s’occupent que des femmes »

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Avec généralement la remarque suivante : « dans féminisme il y a femme ». Et dans humanisme il y a humain, pourtant ça ne veut pas dire qu’on déteste les animaux ou les arbres. Alors rassurons-nous : des associations féministes mixtes, il y en a un paquet, on peut donc y croiser des hommes, venir avec son frère, son copain, son cousin…

À lire aussi : Je suis un homme victime de viol conjugal — Témoignage

Le féminisme (du moins, certains féminismes) défend les droits des pères, soutient les hommes non-hétéros, encourage le congé paternité et cherche des pistes pour créer une virilité moderne. Ce n’est pas facile. Le féminisme a besoin de plus d’hommes prêts à poser ces questions.

« À cause du féminisme, il n’y a plus de vrais mecs »

Le féminisme a rebattu les cartes des rapports entre les genres, c’est sûr. Les hommes sont en train de réinventer la virilité et si certains choisissent les produits de beauté et les poussettes, alors même que la société leur hurle de rester stoïques et puissants, c’est sans doute… qu’ils en ont vraiment très très envie !

Aujourd’hui, les hommes gagnent le droit d’être hommes de la manière qui leur plaît.

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Ce n’est pas à nous de les juger alors qu’ils commencent tout juste à s’émanciper. En plus, quand on parle de vrais mecs, il faudrait voir à ne pas oublier qu’on n’a jamais connu le mâle façon années 50. À mon avis, ce n’était pas si funky que ça !

« Les féministes sont revanchardes »

Non. Vraiment pas. Revancharde, ça voudrait dire qu’elles demanderaient plus de droits pour les femmes que pour les hommes, ce qui est une aberration totale. L’extrême majorité des féministes veut changer le monde pour vivre en paix, et passer à autre chose.

Ensuite, il peut arriver d’entendre des remarques amères, parce que certaines féministes ont vécu des choses amères, dont notre génération n’a pas gardé le souvenir.

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Ma mère était obligée de prendre des cours de couture à l’école pendant que les garçons jouaient au foot, elle devait débarrasser pendant que son petit frère la regardait faire : les blessures ne se referment pas en cinq minutes.

Quand une féministe dit quelque chose qui semble excessif, avant de hurler « PUTAIN JE VOUS L’AVAIS DIT TOUTES DES HARPIES », il faudrait s’interroger sur ce qu’elle a vécu. Je ne suis pas d’accord avec certaines féministes qui veulent se libérer du sexe. Mais je comprends qu’en ayant subi une vie sexuelle nulle à une époque où l’orgasme féminin était le dernier souci d’environ tout le monde, on arrive avec un passé chargé.

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Le mieux, c’est de poser la question. Et de donner son avis quand on n’est pas d’accord.

« Les féministes ont un problème avec les hommes »

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En fait, petit scoop : les féministes ne passent pas leur temps à dire du mal des hommes. Leur problème, c’est le patriarcat, c’est-à-dire le système qui veut qu’un homme vaut plus qu’une femme. Mais si quelqu’un entend parler de féministes commettant des crimes sexistes contre les hommes, des viols, des coups, des dénigrements systématiques, qu’on me tienne au courant.

Le féminisme n’a jamais tué personne. Contrairement au sexisme.

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« Les féministes sont des mal baisées »

Argument invalide depuis toujours (et même si on était mal baisée, il faudrait du coup fermer sa gueule sur tous les sujets politiques ?), mais plus encore depuis que le féminisme de la troisième vague est squatté par les féministes pro-sexe. Les militantes sex-positives sont (aussi) des hardeuses, des sexologues, des prostituées, des performeuses, des Suicide Girls, des réalisatrices porno, des créatrices de sextoys…

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« Je préfère le mot antisexiste »

Antisexisme et féminisme, c’est pareil. Mais féminisme est un chouette mot avec une chouette histoire. Enfin de toute façon, tu fais ce que tu veux. C’est juste dommage de ne pas rendre hommage aux générations de femmes qui ont obtenu tous nos droits en se rangeant sous cette bannière, d’autant que sans vouloir me répéter, dans féminisme, il y a vraiment tous les courants.

« J’assume pas »

Ha, c’est sûr que les gens réagissent quand on dit qu’on est féministe ! Mais ceux qui veulent te culpabiliser avec ça, ils se moqueront aussi de tes fringues, de ton nez, de ta cellulite, de ton caractère ou de ton chat. On ne peut pas échapper aux moqueries. Féministe, c’est à hurler de rire ?

Si toutes les filles s’affichaient demain comme féministes, ça calmerait sérieusement le jeu. Et puis on peut être féministe et se moquer de soi-même, c’est pas incompatible.

« Je n’ai pas envie de me prendre la tête »

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On n’est pas toutes des militantes dans l’âme. Parfois on a envie de citer Diam’s et de chanter « J’ai pas de temps à perdre dans des prises de tête, pourquoi tu m’observes, pourquoi tu me regardes ? ».

Mais je pense qu’on peut être féministe de manière vraiment simple : déjà, en disant qu’on est féministe, c’est-à-dire en acceptant d’être un des visages de cette lutte (si vous ne voulez pas discuter parce que vous pensez que vos convictions sont trop fragiles, dites « je n’ai pas envie de rentrer dans un débat qui va durer quatre heures, je suis féministe et c’est tout »). Vous n’avez pas besoin de vous justifier.

Dans votre vie de tous les jours, vous pouvez essayer d’être un peu solidaire des autres femmes, de partager les taches avec votre copain, ou d’élever vos enfants loin des normes sexistes. Ce sont des petites choses pas embêtantes.

Finalement, ce qui compte, c’est d’occuper le terrain. Être féministe c’est dire : « je suis là ».

« Franchement, je suis contre les droits des femmes, qui sont des êtres inférieurs »

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Bon, d’accord. Là, tu ne peux pas être féministe !

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Pourquoi « Hamilton », la comédie musicale, a créé un raz-de-marée ?

La dernière mention publique d’Hamilton a eu lieu il y a quelques jours aux États-Unis, dans le discours d’Hillary Clinton lors de la convention démocrate à Philadelphie — excusez-moi du peu. Une preuve supplémentaire que la comédie musicale est devenue un phénomène incontournable.

Ainsi, elle déclare :

« Though we may not live to see the glory, as the song from the musical Hamilton goes, let us gladly join the fight… »

« Même si on ne vivra pas pour connaître la gloire, comme le dit la chanson de la comédie musicale Hamilton, laissez-nous joyeusement prendre part au combat… »

Si certains mots sonnent familièrement à votre oreille, c’est que vous avez pu écouter les magnifiques chansons de Lin-Manuel Miranda — qui répond d’ailleurs à la candidate démocrate sur Twitter.

Oui, il la soutient, et il est content car elle a écouté le disque 2 de la bande-sonore d’Hamilton ! Pour situer le contexte, tout le monde connaît aussi bien les chansons du disque 1 que du disque 2. Ohlala, vous allez me dire, mais de quoi elle parle, c’est quoi cette comédie musicale ?

Hamilton, kézako ?

Avant d’en parler, voici une petite compilation de clips du spectacle.

Alors oui, la vidéo ne dure pas assez longtemps, et en plus, maintenant que la troupe originale est partie, celles et ceux (moi incluse) qui n’ont jamais assisté au show ne pourront plus jamais le voir dans sa forme originelle, et comme c’est Broadway, il n’y aura sûrement pas de captation…

« Hamilton » est en fait une comédie musicale créée par Lin-Manuel Miranda qui parle des pères fondateurs des États-Unis, et particulièrement d’Alexander Hamilton.

En France, c’est absolument normal (non) de ne pas en avoir entendu parler. Hamilton est en fait une comédie musicale créée par Lin-Manuel Miranda qui parle des pères fondateurs des États-Unis, et particulièrement d’Alexander Hamilton, quelque peu oublié. Jusque-là, me direz-vous, on s’en fiche un peu, non ? Eh bien, oui et non.

En fait, cette comédie musicale se distingue par bien des qualités. Déjà, elle est moderne en ce que son style musical penche vers le rap et le hip-hop et n’a pas ce chant broadwayesque classique qu’on pourrait trouver kitsch chez nous.

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Ensuite, les rôles de nombreux•ses Américain•es blanc•hes historiques tels que Georges Washington ou encore Thomas Jefferson sont tenus par des comédien•nes Afros-Américain•es et Asiatiques (vous reconnaîtrez peut-être Leslie Odom Jr. et Philippa Soo, vus dans Smash).

Forcément, quand on touche aux pères fondateurs dans une Amérique patriotique et qu’en plus on ajoute de la diversité à tout ça, ça fait couler pas mal d’encre.

Du coup, forcément, quand on touche aux pères fondateurs dans une Amérique patriotique et qu’en plus on ajoute de la diversité à tout ça, ça fait couler pas mal d’encre, même quand la troupe jouait encore off-Broadway devant une salle comble (NDLR : la différence entre Broadway et off-Broadway est une question de contenance de la salle et de localisation du théâtre. En gros, un « off » se jouera dans une salle de 100 à 500 personnes).

Des critiques mentionnent Hamilton comme l’apport le plus majeur du siècle à l’histoire américaine, tant culturellement qu’au niveau créatif !

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Bonjour, je m’appelle Aki, je suis rédactrice séries/ciné chez madmoiZelle et je suis atteinte d’Hamilaria. Pour comprendre ce que c’est, je vous invite à voir la vidéo suivante qui résume très bien la situation.

Comment je peux être fan de cette comédie musicale alors que je n’en ai jamais vu aucune représentation et que j’en ai seulement écouté la bande-sonore ? Eh bien, grâce à Lin-Manuel Miranda.

Lin-Manuel Miranda, un parolier de génie

Tout d’abord, il faut savoir que Lin-Manuel Miranda s’est déjà distingué aux Tony Awards (les Molière américains) il y a quelques années avec In the Heights, qui avait remporté le Tony de la meilleure comédie musicale et des meilleures chansons.

« My name is Alexander Hamilton, and there’s a million things I haven’t done. »

Je m’appelle Alexander Hamilton, et il y a des millions de choses que je n’ai pas accomplies.

Le mec développe son projet depuis 2009. Les premières lignes de ce dernier sont rappées à la Maison blanche, devant Obama, lors d’un showcase du jeune artiste. Le public adore, et c’est parti.

L’idée de parler des pères fondateurs est en fait largement inspirée de la biographie sur Alexander Hamilton écrite par Ron Chernow, que Lin-Manuel a adaptée en comédie musicale. Ses rimes sont très bien trouvées, son ton est inspirant, et c’est hyper moderne. Donc oui, ça brasse un public plus large que les seniors abonné•es aux théâtres.

Rien que la chanson d’ouverture est incroyable : les notes rythmées donnent déjà des frissons et j’ai été conquise dès les premières secondes (il n’y a malheureusement pas de vidéo disponible, donc je vais me contenter du son).

Et puis, Lin-Manuel Aranda est trop cool : non seulement il est super pote avec Jonathan Groff qui joue dans son projet, mais en plus, il est super drôle. J.J. Abrams lui-même a demandé à l’artiste de composer une musique pour une scène de Star Wars : le réveil de la force.

Et il dit des choses comme ça :

« Mon nouveau truc, quand je vois des mecs qui sifflent une fille dans la rue, c’est de prétendre que ça m’est destiné.

« Merci les gars ! »

Ils captent rien, et je suis content de moi. »

« Un conseil d’ami de la part de Lin-Manuel Aranda sur la manière d’interagir avec les harceleurs de rue : les embrouiller. »

En plus, il va jouer bientôt avec Emily Blunt et Meryl Streep dans une nouvelle version de Mary Poppins : que demander de mieux ?

Hamilton, un conte qui sort de l’ordinaire

Personnellement, ce que j’aime le plus dans ce spectacle, c’est la qualité des paroles, puisque l’histoire se comprend sans problème, même sans voir l’image.

Alors c’est vrai, quand j’ai visionné quelques clips, je me suis rendu compte que c’était beaucoup plus drôle que ce que je pouvais simplement entendre, et bien sûr, ça ne vaudra jamais le spectacle intégral, mais c’est mieux que rien non ?

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Concrètement, le hip hop, le R’n’B et le rap, je suis loin d’être fan (c’est sûrement pour ça que j’aime pas Empire, mais passons). Quand j’ai entendu dire que le nouveau phénomène musical et théâtral se situait dans ces registres-là, j’ai fait une grimace de scepticisme.

Mais je lui ai laissé une chance car il était difficile de se prétendre amateur•trice de Broadway sans écouter l’album d’Hamilton au moins une fois, et là… ça a été la révélation.

Sa modernité ne se cantonne pas dans au genre musical ou encore à la diversité mais concerne aussi aux thèmes abordés.

Sa modernité ne se cantonne pas au genre musical ou encore à la diversité mais concerne aussi les thèmes abordés. En effet, le message exprimé par Hamilton est universel, tout en respectant fidèlement les dates historiques et les intrigues politiques… à un tel point que le corps enseignant souhaite intégrer la comédie musicale dans le cursus scolaire !

« We hold these truths to be self-evident that all men are created equal. »

« Nous considérons de manière évidente que tous les hommes naissent égaux. »

Ce sont les sœurs Schuyler qui disent ça, citant la Constitution américaine et les propos de Thomas Jefferson, et c’est bien vrai, non ?

À lire aussi : « Hé mademoiselle », un génial film d’animation sur le harcèlement de rue par des étudiants de l’ESMA (màj)

Un raz-de-marée qui ne peut être contenu ?

La comédie a actuellement un succès retentissant et à New York, le spectacle se joue à guichet fermé jusqu’à février 2017. À noter que pour la dernière prestation de la troupe originelle, certains billets s’étaient revendus à presque 20 000 $… et ce n’est pas une blague.

Malheureusement, tout phénomène a ses dérives : des sites Internet raflent de nombreux billets pour les revendre au prix fort, et quand ils n’arrivent pas à s’en débarrasser, les comédien•nes se retrouvent à jouer devant une salle qui n’est pas complètement remplie…

Les célébrités se sont enchaînées pour voir le show, du président Obama et sa famille à d’autres stars issues de tous les domaines, et les habitué•es de Broadway s’accordent à dire que quelque chose d’unique se passe avec Hamilton. Et je veux bien le croire.

Bref, si vous en avez l’occasion, écoutez les chansons d’Hamilton: an American Musical.

« Who lives who dies who tells your story? »

« Qui vit, qui meurt, qui raconte ton histoire ? »

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« American Crime Story », une série passionnante sur le procès d’O.J. Simpson

Publié initialement le 25 avril 2016

Grande fan de séries judicaires (Ally McBeal, je ne t’oublierai jamais) et de ce cher Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story), je n’ai pas tardé à m’intéresser à la petite dernière de la chaîne américaine FX : American Crime Story.

Un projet très prometteur d’anthologie de grandes affaires criminelles dont la première s’ouvre avec le très médiatique procès d’O.J. Simpson.

O.J. Simpson : héros national ou criminel (ou les deux en fait) ?

O.J. Simpson a été au cœur d’une affaire judiciaire très médiatisée en 1995.

Si le nom d’O.J. Simpson ne m’a pas dit grand-chose au premier abord, cette personnalité a été au cœur d’une affaire judiciaire très médiatisée en 1995.

Un héros populaire, ancien grand joueur de football américain, accusé des meurtres de son ex-femme et du compagnon de celle-ci, ça a fait pas mal de bruit. C’est un peu comme si un ancien champion de l’équipe de France était accusé de meurtre du jour au lendemain, ça en secouerait plus d’un.

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Mais quand on ajoute à ça que le meurtre a eu lieu pendant une période de grands conflits entre la police de Los Angeles et la communauté noire de la ville, trop souvent arrêtée et accusée à tort de tous les maux de l’agglomération, là c’est carrément du pain béni pour une excellente adaptation télé.

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Nul besoin en revanche d’avoir une excellente connaissance de l’affaire ou du contexte pour en comprendre toutes les subtilités : le scénario est fait de manière à ce que, presque arrivée à la fin de la saison, je n’aie toujours aucune idée de l’aboutissement du procès ni sur mon propre avis concernant la culpabilité d’O.J.

Fiction adaptée d’un livre écrit sur l’affaire, la série est vraiment d’un réalisme fou et donne l’impression d’assister physiquement au procès.

Fiction adaptée d’un livre écrit sur l’affaire, la série est vraiment d’un réalisme fou et donne l’impression d’assister physiquement au procès. Car malgré son titre, la série est bien plus judiciaire que criminelle : ennemis du gore, rassurez-vous, on y trouve beaucoup moins de sang que dans Scream Queens, le dernier délit de Ryan Murphy.

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Une série judiciaire qui fait réfléchir

Le procès d’O.J. Simpson a vite fait de rappeler qu’en tant qu’accusé noir, il était plus mal barré que la moyenne.

Bien que la série soit ancrée en 1995 à grands renforts de permanentes et d’ordis qui font la taille de ma salle de bain, l’affaire pourrait très bien arriver de nos jours. Parce que oui, on parle du procès d’O.J. Simpson en particulier mais ça va bien plus loin que ça.

Même si Rosa Parks, Martin Luther King et autres grandes personnes avaient déjà bien fait avancer la cause afro-américaine, il ne faisait pas bon être noir dans les années 1990 à Los Angeles.

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Avec une police et un système judiciaire qui ne fonctionnait pas pareil pour tout le monde, le procès d’O.J. Simpson a vite fait de rappeler qu’en tant qu’accusé noir, il était plus mal barré que la moyenne.

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L’accusé est-il sur ce banc à cause de sa couleur de peau ? Un procureur noir est-il en mesure d’accuser O.J. ? Un flic connu pour ses propos racistes est-il à même de témoigner ?

Le procès et les partis impliqués se retrouvent ainsi vite embarqués dans un procès plus grand qu’il n’y paraît, où le fonctionnement entier de la ville se trouve remis en question. L’accusé est-il sur ce banc à cause de sa couleur de peau ? Un procureur noir est-il en mesure d’accuser O.J. ? Un flic connu pour ses propos racistes est-il à même de témoigner ?

Autant d’aspects de l’intrigue qui mènent à se poser beaucoup de questions, notamment sur la place de la discrimination dans ce procès, à cette époque précise mais aussi aujourd’hui. Et la grande réussite de la série, à mes yeux, est l’universalité du propos planqué derrière une intrigue très spécifique.

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Cuba Gooding Jr., John Travolta, Sarah Paulson et les autres : boom bébé

Comment le dire autrement : le casting de la série est à tomber et c’est ce qui fait sa qualité, outre son sujet passionnant et ses très belles images.

Le casting de la série est à tomber et c’est ce qui fait sa qualité, outre son sujet passionnant et ses très belles images.

D’un côté, la team O.J. Simpson, alias The Juice. Joué par Cuba Gooding Jr., le personnage est d’une intensité folle et il crée autant l’empathie que l’agacement viscéral tout au long de la saison. De sa voix à son attitude, tout est travaillé pour coller au personnage d’O.J. sans jamais tomber dans la caricature du héros déchu que tou•tes les Américain•es ont admiré sur un terrain.

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Parmi son équipe d’avocats, on retrouve deux noms connus : John Travolta et David Schwimmer, tous deux excellents dans leurs rôles complètement opposés — ce qui rend leur collaboration d’autant plus jouissive, il faut bien l’avouer.

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Et le petit bonus qui fait plaisir, c’est que David Schwimmer incarne Robert Kardashian, l’avocat et ami de toujours d’O.J., mais aussi père de la fameuse fratrie Kardashian. Dépeints dans la série, les enfants Kardashian sont absolument exquis, présentés à l’époque où le selfie n’était encore qu’un concept très lointain.

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De l’autre côté du ring, on accueille l’accusation, en la personne de la terrible et follement controversée Marcia Clark. Habituée d’American Horror Story, l’excellente Sarah Paulson s’est glissée dans la peau de cette procureure perçue par tous comme une peau de vache.

Marcia Clark est une héroïne moderne qui tient à elle seule toute une partie de l’intrigue.

L’actrice a été acclamée par la critique et le public, à raison : femme forte mais paumée entre son job, l’attention que les médias lui portent tout d’un coup, son ex-mari exécrable, ses enfants à gérer, c’est une héroïne moderne qui tient à elle seule toute une partie de l’intrigue.

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Et que dire de l’exquis Sterling K. Brown… Bon, déjà, qu’il est vraiment très beau, on va pas se le cacher. Mais n’oublions pas son talent fou pour incarner le bras droit de Marcia Clark, partagé entre sa conscience professionnelle et la pression de ses proches et de son mentor, un avocat à qui il s’oppose dans l’affaire.

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En bref, un feuilleton-fiction très réussi à découvrir très bientôt sur les chaînes du groupe M6 en attendant la deuxième saison qui porterait, selon les rumeurs, sur les conséquences de l’ouragan Katrina. Voilà une série prometteuse…

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